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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 09:22

affiche-defenseur-des-enfants.jpgLe Sénat avait eu la sagesse, par des amendements de l’UMP soutenus par la gauche, de retirer le Défenseur des enfants du dispositif fourre-tout du « défenseur des droits ». Un petit déjeuner élyséen plus tard et la Haute Assemblée s’est mise au garde à vous présidentiel. Le sénateur socialiste Robert Badinter a dénoncé « le fait du prince » et affirmé, avec son ton des grands combats et des causes justes, que « le véritable vaincu, c’est la défense des intérêts des enfants ». C'est « une manière de bafouer notre assemblée qui a délibéré longuement sur cette question, le Sénat s'est prononcé en connaissance de cause », s'est exclamé son collègue Jean-Pierre Sueur. Amnesty International France « regrette fermement la volonté ainsi affichée par le gouvernement de le faire revenir sur un vote allant dans le sens des recommandations des associations et de la Commission nationale consultative des droits de l'homme ».
L’actuelle titulaire de la fonction, Dominique Versini, a eu des mots très durs sur France Info pour dénoncer ce revirement. Elle a balayée d’un revers de main les accusations d’intérêt partisan en rappelant qu’elle avait été secrétaire d’Etat d’un gouvernement dirigé par Jean-Pierre Raffarin. Pour l’ancienne candidate UMP aux législatives à Paris, ce qui dérange avant tout le pouvoir en place, ce sont les positions prises par l’institution dont elle a la charge sur des questions aussi délicates que la justice des mineurs ou la rétention administrative d’enfants de sans-papier. C’est bien là le fond du problème. Nicolas Sarkozy ne supporte aucun contre-pouvoir. Alors quand il ne parvient pas à les confondre, il les noie, les délite, les vide de leur substance. Jouant les « Tontons flingueurs » de notre démocratie, il dynamite, il disperse, il ventile...
Inlassablement, Nicolas Sarkozy poursuit son travail de sape contre ce qui fonde notre République. Jusqu’à quand ?

 

Lire aussi :

Mise au pas de l'art

Attention police

La confusion des pouvoirs

 

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 10:12

enfant-prison_400.png« Quand on ouvre une école, on ferme une prison ». La phrase de Victor Hugo est bien connue. L’Histoire lui a largement donné raison. Et pourtant, en France, en 2010, Nicolas Sarkozy ouvre des prisons et ferme des écoles. La nouvelle idée géniale de Luc Châtel, contenue dans le « schéma d’emploi 2011-2013» pour l’éducation nationale envisage ainsi de faire de économies de profs (15 000 à 17 000 postes en 2011) en ajoutant un élève supplémentaire dans chaque classe. Le ministre, qui ne manque pas d’aplomb, affirme sans rire que cela n’aurait pas pour conséquence de « dégrader les performances globales ». Alors même que toutes les études menées depuis de nombreuses années démontrent évidemment le contraire. L’effectif d’une classe est un facteur de réussite ou d’échec des élèves et en particulier de ceux qui rencontrent des difficultés. Pire encore, cette mesure s’accompagnerait d’une réduction – ah ! Parce qu’il en reste encore ? - du nombre d’enseignants spécialisés dans les Réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) et d’une diminution de la scolarisation à deux ans. Deux dispositifs qui, là aussi, ont fait toutes leurs preuves pour réduire et rattraper les inégalités et les difficultés scolaires des enfants les plus défavorisés et en particulier, ceux issus de familles non francophones.
Mais, cyniquement, Luc Châtel n’a malheureusement pas tort. En effet, dans un système qui réduit son soutien aux élèves en difficulté, l’élite républicaine, ceux qui ont l’entourage familial, social et culturel adapté continueront à tirer leur épingle du jeu, assurant à notre société la reproduction d’une classe dirigeante conservatrice et politiquement correcte. Pour les autres, il reste les prisons, les ghettos urbains, le repli identitaire, les policiers référents et les caméras de surveillance.

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 17:19

souaid.jpgS’il fallait une confirmation que Nihad Souaid n’était, sur la liste de Serge Grouard en 2008, que la « beurette de service », on l’a eue au conseil municipal vendredi 28 mai. La 44e candidate de la liste UMP-MoDem-Nouveau Centre–etc. devait y faire son entrée, pour succéder à la "gauche moderne" Liliane Coupez, récemment décédée. Mais la jeune femme de 22 ans n’aurait pas fourni à temps son attestation de domicile et n'a donc pas été convoquée. Autrement dit, le maire d’Orléans ne possédait même pas son adresse en la faisant figurer sur sa liste. Ce qui ne l’a pas empêché de dénigrer publiquement – sans la nommer - sa colistière saint-marcelline, la considérant quasiment comme une sans papier. On savait Serge Grouard fréquemment désobligeant avec les élus d’opposition. On constate que son indélicatesse dépasse les clivages politiques.
En réalité, derrière cette tentative d’intimidation, se cache un pathétique calcul politique. La majorité voulait faire siéger au conseil le candidat situé en 45e position, l’UMP Christophe Magnier, habitant de l’Argonne, un quartier sous représenté. Il n’y a pas de doute, ça cadre mieux dans le tableau général.
Il y a quand même quelque paradoxe à vouloir exclure du conseil une jeune fille, représentant d'une certaine diversité particulièrement très présente à l’Argonne.
Mais Nihad Souaid n’a pas l’intention de jouer le rôle de la potiche qu’on sort le temps d’une campagne et qu’on jette après. Elle entend siéger au conseil municipal. Prochaine session le 18 juin.

 

>> Lire l'interview de Nihad Souaid dans La République du Centre du 2 juin 2010

 

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 10:00

besson-caricature.jpgS’il fallait se convaincre de l’amoralité du ministre de l’Immigration (etc.), il suffisait de regarder le « portrait » d’Eric Besson diffusé ce 8 avril dans Envoyé spécial sur France 2. L’homme qui renvoya sans vergogne des sans-papiers en Afghanistan y apparaît suffisant. La seule morale quoi anime le transfuge du Parti socialiste est celle qui sert son goût démesuré pour le pouvoir. Eric Besson explique ainsi que tout cela ne relève que d’un jeu – et du « je » sans aucune doute – et d’une faculté d’adaptation. Il ne voit ainsi aucune contradiction, par exemple, à dénoncer le bouclier fiscal un jour pour le défendre le lendemain. Les convictions politiques n’auraient rien à y voir. Tout est question de point de vue : suivant qu’il parle au nom du parti socialiste ou pour défendre le président de la République, il ne fait qu’adapter son discours. On voudrait donner une définition imagée de l’opportunisme qu’on ne s’y prendrait pas mieux. On comprend mieux, en tout cas, après avoir vu ce reportage, pourquoi Nicolas Sarkozy a nommé Eric Besson à cet ignoble ministère. Qui mieux que cet homme sans morale pour appliquer sans états d’âme une politique qui déshonore notre démocratie ?

 

Il faut voir et revoir la chronique de Stéphane Guillon sur Eric Besson

 


Le Pen, Besson et Zemmour !
envoyé par franceinter. - Plus de vidéos fun.

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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 09:21

bonneau-orleans.jpgComment peut-on être lycéen – en âge de voter -, apprenti ou étudiant en région Centre et s’abstenir aux élections régionales ? C’est oublier tous les lycées construits et rénovés, les manuels scolaires et les outils gratuits, les chéquiers Clarc, les transports interurbains à tarif réduit et les prêts d’ordinateurs aux étudiants de 3e cycle. Comment peut-on être usager ou salarié d’une des très nombreuses associations sportives, culturelles ou d’insertion ayant bénéficié d’un emploi Cap’Asso et s’abstenir ? Y a-t-il plus concret comme action politique ? Peut-on s’abstenir en sachant que l‘extrême-UMP Novelli et ses acolytes Nouveau Centre, chasseurs et villiéristes n’auraient d’autres objectifs, s’ils étaient élus, que de supprimer toutes ces aides, au nom d’un ultralibéralisme forcené ? Comment peut-on être lycéen en âge de voter et prendre le risque de mettre au pouvoir dans le Centre une droite dont le programme pour les lycées se concentre essentiellement autour de l’installation de caméras de vidéosurveillance ? Comment peut-être être jeune, être humaniste, être républicain et ne pas vouloir dire stop aux Sarkozy-Besson-Hortefeux et consorts qui expulsent sans vergogne des lycéens, des étudiants, des familles ? Arrêtons de ne juger ces élections – et les autres – que par le prisme réducteur et déformateur de la télévision. Alors, ouvrons et nos yeux et nos oreilles et dimanche, donnons à la gauche une majorité qui exclue à la fois l’extrême-UMP Novelli et le Front National et qui fera de notre région un espace solidaire et écologique.

>> Le site de la campagne

 

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 16:26
EXPULSION.jpgAinsi l’expulsion express dont a fait l’objet Najlae Lhimer il y a quelques jours ne serait pas si justifiée que cela. Pourquoi, sinon, Nicolas Sarkozy a-t-il déclaré à une délégation de femmes reçues ce 8 mars à l’Elysée qu’il était « prêt à [l’]accueillir en France ». Le préfet du Loiret avait pourtant juré ses grands dieux – croix de bois, croix de fer… - que toute cela était tout a fait légal et légitime. En fidèle « fusible de l’Etat », Bernard Fragneau doit ce soir « manger son chapeau ».
Passé maître dans l'art de la politique spectacle, le président de la République n’a évidement pas choisi au hasard le moment et les interlocuteurs. En faisant cette annonce en cette 100e journée internationale des droits des femmes, il cherche, outre à récupérer une bévue, à redorer son blason à moins d’une semaine d’élections régionales qu’il sait perdues. Ca n’est pas par humanité que Nicolas Sarkozy consent, en prince se faisant tout à coup magnanime, a autorisé le retour en France de la jeune lycéenne marocaine. Personne n’est dupe. L’ancien ministre de l’Intérieur est l’auteur ou l’instigateur de nombreuses lois qui réduisent un peu plus chaque fois la dimension de terre d’accueil de notre démocratie. Il aura fallu toute la mobilisation politique et citoyenne à laquelle on a assisté pour que l’Etat expulseur retrouve un peu la raison.

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 10:29
complot.1171393802.jpgLe syndrome du complot serait-il contagieux à Orléans ? Ignorant totalement les coups dont Najlae Lhimer affirme avoir été victime de la part de son frère ainsi que les menaces de mariage forcé qui pèsent sur elle, le préfet du Loiret dénonce, dans cette affaire d’expulsion expéditive, « une polémique soigneusement organisée », un coup monté, en quelque sorte. Pire, aux yeux du représentant de l’Etat « la participation à cette polémique de certains élus (voir à ce sujet la réaction de Jean-Pierre Sueur évidemment mis en cause) achève de donner à ce dossier une connotation politique et électoraliste ». Outre qu’en publiant un communiqué sur ce sujet, Bernard Fragneau sort totalement du devoir de réserve qu’il commence par brandir, il ose laisser penser que la jeune lycéenne marocaine aurait été manipulée de bout en bout. C’est faire peu de cas des raisons qui ont amené Najlae à se présenter – en victime – à la gendarmerie de Château-Renard. C’est rester, de manière indécente, insensible au désarroi qui est le sien depuis qu’elle a été forcée, en quelques heures, d’arrêter ses études et de quitter ses amis. Le préfet n’a pas eu « un mot de compassion » confirme Marie-Noëlle Vitry, la représentante de la CIMADE qui participait mardi à la délégation reçue à la préfecture du Loiret.

>> Dans le même registre, on lira avec effarement cet article de La République du Centre du 3 mars qui raconte l’histoire d’un étudiant en médecine – frère d’un médecin fleuryssois -  menacé d’expulsion.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 14:43

100226_LaRep_Assos.jpgC’était donc ça ! Un odieux complot ourdi contre la municipalité d’Orléans par l’opposition et le parti socialiste (voire pire !). Parlant de la création du comité de coordination des associations de sauvegarde et d’aménagement de l’agglomération d’Orléans (CCASAAO), le premier-maire adjoint, l’UMP Olivier Carré, sans doute pour mieux moquer l’initiative citoyenne, parle de « faux nez d’un parti ». C’est dans La République du Centre du 2 mars. Une page entière pour répondre aux cinq colonnes publiées dans l’édition du 26 février au lendemain de la réunion qui a donné naissance au comité. Dix associations qui « reprochent toutes vertement à la mairie UMP d’Orléans, dixit Antony Gautier, le journaliste de La Rep’, son manque d’écoute et de concertation pour tous les grands projets qui vont restructurer la ville, et même parfois l’agglo ». Aux critiques qualitatives du CCASAAO, l’adjoint à l’urbanisme répond chiffres. Comme si la démocratie municipale se mesurait d’abord à l’aune du nombre de réunions organisées. Quand Anne-Marie Coursimault lui rappelle que la secrétaire générale du comité, Michèle Pluvinage, serait plutôt située politiquement au « centre droit », Olivier Carré s’en sort avec une pirouette : « Je ne savais pas ».

fauxnez.jpgC’est mal connaître (ou feindre de) Michèle Pluvinage que de lui prêter des accointances quasiment gauchisantes et, surtout, méprisant à l'égard de la présidente de l’ADAQ, que de laisser croire qu’elle puisse être ainsi manipulée.
Une fois de plus, la ficelle de la thèse du complot est une un peu grosse. Quand des associations comme le comité de quartier Saint-Marceau ne sont pas contestataires, le premier maire adjoint leur accorde le label indépendant. Mais que l’une d’elles ose contester les choix de la majorité et elle est immédiatement accusée d’être manipulée par ceux qui n’accepteraient pas le verdict des unes. Il y a quelque chose de paradoxal de vouloir les associations hors du jeu politique tout en leur refusant la légitimité de contester des projets de la municipalité en place, fussent-ils inscrits à son programme électoral.

>> Lire aussi :
- Main basse sur les régies
- Le chiffon rouge usé de Serge Grouard

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 17:21

expulsion.pngElle venait pour éviter d’être mariée de force et se protéger de son frère violent. Le vendredi 19 février, Najlae Lhimer, jeune lycéenne sans papier d’origine marocaine âgée de 19 ans s’est présentée à la gendarmerie de Château-Renard dans le Loiret pour pour porter plainte contre son frère. Selon RESF 45« les gendarmes lui conseillent de récupérer ses affaires chez son frère et l’y accompagnent un peu plus tard. Ils en profitent pour prendre son passeport et la placent en garde à vue à 15 h 30. Vers 23 h, elle est transférée à la gendarmerie de Montargis ». Dans la nuit du samedi au dimanche, elle était expulsée vers le Maroc.

Il y a décidément quelque chose de pourri au royaume de Sarkozy. Comment des gendarmes ont-ils pu n’avoir aucune compassion pour la jeune fille victime de violence, ne voyant dans la lycéenne qui s’est volontairement présentée à eux qu’une énième sans-papier ? Comment le préfet du Loiret a-t-il pu signer l’arrêté d’expulsion, indifférent aux menaces qui pèsent sur la tête de Najlae ? Il a, sans doute, comme tous les préfets de notre pays, des quotas à respecter. Comment a-t-on pu en arriver là en France, terre des Droits de l’Homme, soixante-cinq ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale ? En quoi la lycéenne studieuse et dévouée menace-t-elle l’ordre de notre République ? On ne peut qu’être effaré devant une telle décadence de notre démocratie, devant le recul insidieux et quotidien des valeurs de fraternité et de liberté qui sont les nôtres. Jusqu’où iront-ils ?

Manif.jpg
>> Une « manifestation virtuelle et citoyenne pour exiger une véritable protection des femmes étrangères victimes de violences » est organisée à la suite de l’expulsion de Najlae Lhimer.

>> Lire le communiqué du Réseau Education Sans Frontière - 45
>> Lire l'article sur LibéOrléans
>> Voir aussi l'intervention du sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur à ce sujet

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 15:30
guide-prahecq.jpgDu « dire » au « faire », il y a parfois un pas important à franchir. Micheline Prahecq l’a fait. La conseillère générale du Loiret a diffusé dans toutes les boites aux lettres du canton Saint-Marc Argonne un « guide pratique des services publics de l’Argonne ». On y trouve les coordonnées et les horaires d’ouverture de chacun d’eux ainsi qu’un repère pour le situer sur le plan du quartier que contient aussi le document. L’initiative vaut d’être saluée. Parce que ce guide va sans nul doute rendre un vrai service à ses destinataires, tant il est vrai que l’information, même la plus utile, a souvent du mal à circuler. Parce que c’est une belle manière d’utiliser son indemnité de conseillère générale. Parce qu’au-delà des positions que Micheline Prahecq peut prendre au sein de l’assemblée départementale et des dossiers qu’elle y défend, ce document donne de la visibilité et du crédit à sa mission d’élue et, plus largement, à la politique.

>> Le blog de Micheline Prahecq

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  • Pascal Martineau
  • Journaliste de métier, collaborateur parlementaire, écrivain public-biographe, j'aime les mots.
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